Inclusion Financière

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L’Éducation Financière | Un levier pour l'expansion de la finance digitale au Sénégal

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Tue, 01/16/2018 - 17:29 -- anna.ferracuti
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Malgré l’évolution de la finance digitale au Sénégal et la diversité de l’offre de services, le taux d’adoption des services financiers numériques (SFN)  est encore faible. Parmi les causes, on relève le manque de connaissance des SFN . MM4P a réuni les acteurs du marché pour discuter des solutions possibles et l’éducation financière a été identifié comme levier pour accélérer la pénétration de ces SFN. 

Plaidoyer pour une finance digitale plus inclusive au Sénégal

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Plaidoyer pour une finance digitale plus inclusive au Sénégal

Par Serge Moungnanou, Consultant en Finance Digitale
January 05 , 2018

Transaction dans un point d’accès SFN – Dakar 2017. Crédit : UNCDF

Dakar, SÉNÉGAL - 

L’année écoulée aura été particulièrement active pour la finance digitale. Les fournisseurs de services financiers numériques (SFN) ont redoublé d’efforts pour attirer de nouveaux clients. De nouvelles offres ont fait leur entrée sur le marché notamment « YUP » et « ECOBANK mobile » , portées par deux grands groupes bancaires de la place. Les opérateurs de transfert d’argent, toujours aussi dynamiques, se sont de plus en plus tournés vers des solutions digitales qui permettent au client de disposer d’un service à portée de main, ou plutôt à portée de son téléphone !

 Le Gouvernement a aussi été actif avec la relance de la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière, en droite ligne avec la Stratégie Régionale d’Inclusion Financière dans l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine),adoptée par les états membres en Juin 2016. L’année a aussi été jalonnée de rencontres entre acteurs de la finance, favorisant ainsi les échanges et des idées de partenariat pour développer de nouveaux modèles de SFN.

Le programme MM4P n’a pas été en reste, en rassemblant des acteurs de toutes les catégories autour d’un groupe de travail sur la finance digitale au cours duquel des thèmes fédérateurs comme l’éducation financière pour les masses, les types de partenariats possibles dans l’écosystème des SFN, la réglementation sur l’Agency Banking ont été discutés.  Tous ces développements intéressants sont annonciateurs de belles perspectives pour l’année qui commence.

Cependant, le développement de nouvelles offres SFN n’est pas suffisant pour contribuer réellement à l’inclusion financière ; encore faut-il que ces offres adressent les besoins des populations habituellement exclues du système financier.

Force est de constater que les populations des zone rurales, les femmes, les jeunes et les personnes ayant un faible niveau d’éducation, n’ont pas suffisamment accès aux services financiers. Selon la plus récente Enquête sur la Situation de Référence de l’Inclusion Financière au Sénégal (ESRIF), ces segments sont sous-représentés.  Par exemple 31% des personnes habitant en ville disposeraient de comptes dans une institution financière[1]  contre seulement 10,4% en zone rurale.

Répartition des personnes disposants de comptes dans une banque, institution de microfinance, compagnie d’assurance ou à la poste (ESRIF)

Le paysan de Dagan Birame[2] n’a pas forcément besoin de payer sa facture d’électricité ou bien de payer des frais scolaires dans les grandes universités Sénégalaises. Par contre, il pourrait être plus intéressé par un service qui s’intègre à son quotidien, à son environnement, comme un service de crédit ou d’épargne digital pour développer son activité agricole.

Les personnes ayant un niveau d’instruction limité ne devraient pas se sentir exclues des offres de finance digitale. Une expérience intéressante menée en Inde par le cabinet MicroSave a prouvé que la cible illettrée peut aussi utiliser activement un portemonnaie électronique si sa façon particulière de raisonner et de calculer est intégrée dans l’expérience utilisateur du portemonnaie.  Le cabinet a développé la solution MoWo, une interface qui permet aux illettrés d’utiliser un compte de monnaie électronique grâce à l’utilisation d’images et icônes. (Voir photo)

Interface MoWo utilisée en Inde. Crédit : MicroSave

Le taux d’adoption des smartphones au Sénégal est assez élevé[3] , y compris dans les zones rurales où il est maintenant fréquent de voir des personnes, ne sachant ni lire ni écrire, utiliser un smartphone pour communiquer avec leurs proches.

Aux contraintes infrastructurelles et structurelles qui peuvent militer contre la priorisation du monde rural (instabilité du réseau téléphonique, absence de réseau 3G, pas d’électricité, cout d’un smartphone, cout de la connexion 3G, …), s’oppose l’aspiration forte des populations à s’intégrer dans la modernité en possédant un téléphone (voire smartphone) et en l’utilisant, eux aussi, de façon intégrée à leur vie de tous les jours au village.

Il est certes rassurant de voir l’évolution du marché sénégalais des SFN , avec la multiplication des offres. Mais il est temps de changer le paradigme qui consiste à déployer des services bénéficiant plus aux populations éduquées, résidant en milieu urbain, et à majorité masculine. Cela permettrait non seulement d’augmenter l’inclusion financière mais en plus d’exploiter un marché de masse. Et même si le coût pour atteindre ces cibles « exclues » peut sembler élevé, des solutions ayant données des résultats positifs existent ailleurs ;de quoi inspirer les fournisseurs de services financiers numériques au Sénégal.

La finance digitale a le potentiel pour accélérer l’inclusion financière. Cela se fera d’autant plus rapidement que les acteurs privilégieront des offres dédiées et adaptées aux populations les plus délaissées par la finance classique.

 

[1]  Banque, institution de microfinance, compagnie d’assurance, ou la poste

[2] Village situé dans la région de Kaolack, au Centre du Sénégal

[3] A la fin Q3 2017, on estime à plus de 6M le nombre de smartphones connectés aux réseaux de télécommunications au Sénégal - www.gsmaintelligence.com

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A la rencontre des fintechs sénégalaises

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Mon, 12/18/2017 - 10:51 -- anna.ferracuti
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Les Fintech bouleversent l’univers de la finance digitale en ouvrant de nouvelles perspectives. Ces start-up, spécialisées dans la technologie financière, apportent des innovations majeures dans les domaines du paiement, de l’assurance, du crédit, etc. Elles ont la capacité de créer de nouveaux services à valeur ajoutée, adaptés aux besoins des utilisateurs. Au Sénégal où l’adoption des SFN se fait tout doucement, ces nouveaux acteurs ont récemment fait leur apparition.  Le programme MM4P est allé à leur rencontre pour voir comment les accompagner dans leur intégration du marché et ainsi accélérer l’utilisation des SFN. 

Les Zem, ambassadeurs du paiement mobile au Bénin

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Les Zem, ambassadeurs du paiement mobile au Bénin

UNCDF-MM4P et MTN Benin testent un nouveau type de paiement pour les mototaxis
October 20 , 2017

Les Zémidjans, le moyen de transport le plus utilisé à Cotonou. 

Cotounou, BÉNIN - 

Le Bénin compte plus de 250 000 Zémidjans, des conducteurs de mototaxis familièrement appelés « Zem ». Ces derniers occupent une place particulière dans l’économie du pays : plus d’un million de personnes vivent des revenus issus des activités de Zémidjans et plus de deux millions de personnes en sont des usagers.  La plupart d’entre eux ne sont pas bancarisés et font circuler beaucoup d’argent liquide.  Ils représentent donc un véritable potentiel pour le secteur des services financiers digitaux. Le programme Mobile Money for the Poor (MM4P) collabore avec l’opérateur de téléphonie mobile MTN pour la mise en œuvre d’un projet dont l’objectif principal est de permettre le paiement des courses en mototaxis par les clients via leur mobile. 

Cocréer des solutions avec les mototaxis

La première phase du projet lancé en juillet 2017 met l’accent sur le paiement mobile des courses en mototaxis.  Avec l’appui du cabinet Innate Motion et de PHB Development, nous avons utilisé l'approche Human Centric Design (HCD), pour comprendre l’univers des Zémidjans, leurs aspirations, ce qu’une étude de marché classique n’aurait pas révélé.

Par la suite, nous avons exploré le paiement mobile sous tous les angles, avec les conducteurs de mototaxis, leurs fournisseurs, les équipes de MTN et leurs agences de communication. Par petits groupes, nous avons élaboré des scénarii où les conducteurs de mototaxis étaient au centre de l’action.  L’idée étant de permettre aux clients de payer leur course avec la monnaie électronique, puis d’amener le Zémidjan à utiliser une partie de l’argent électronique collecté pour faire ses paiements. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les scenarii se focalisaient sur la vie des Zémidjans, ce qui peut les aider à avancer, à prendre leur destin en main, et non sur le produit financier.  

Pour chaque scénario nous avons demandé aux Zémidjans si le scenario correspondait à une histoire vécue, ou connue ? Quelles améliorations peuvent être faites ? Qu’est-ce qui pouvait être changé ? Leurs réponses ont permis de réécrire les scénarii de façon à ce qu’ils soient les leurs, ceux qu’ils vivent, qu’ils aimeraient vivre et dans lesquels le paiement mobile peut jouer un rôle.

Grâce à ce travail de cocréation, nous avons ainsi pu définir les axes à prioriser pour apporter de la valeur au « Zem » mais aussi à son client via le paiement mobile. Avec l’approche HCD, nous avons non seulement testé des solutions innovantes mais nous les avons validées avec les premiers concernés, les « Zem ». Et la participation des différentes équipes MTN (Communication, marketing, Technique, etc.) a facilité le choix de solutions adaptées à tous.

Les Zem, pour favoriser l’adoption du paiement mobile

En décidant avec MTN d’explorer l’univers des Zémidjans via une approche centrée sur les utilisateurs, MM4P met le client au cœur de l’écosystème des services financiers digitaux. En effet, l’adoption de ces services passe par la reconnaissance du client comme le noyau de cet écosystème.  Ses besoins et ses contraintes doivent ainsi être pris en compte dans le processus de conception des produits et services.

Nous avons choisi les « Zem » car ils sont de puissants vecteurs d’information voire de transformation comportementale. Ils peuvent se positionner comme des ambassadeurs capables d’impacter l’usage des services financiers digitaux au Bénin et d’influencer les populations.

L’aventure avec les Zémidjans continue. Mais d’ores et déjà, nous voyons en cette approche HCD un excellent levier pour la finance digitale. Elle doit être appliquée à tous les produits innovants pour lesquels l’adoption et l’utilisation sont des défis difficiles à relever.

Nous avons sélectionné un échantillon représentatif de ces conducteurs de mototaxis, pour la mise en œuvre d’un pilote dans les prochains jours.   Dans un prochain blog, nous partagerons les premiers résultats obtenus, ainsi que les défis et/ou les idées nouvelles qu’il nous aura permis de découvrir.

Par Bery Dieye Kandji, Knowledge Management Consultant (Bénin) et Jamelino Akogbeto, DFS Expert (Bénin) 

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Benin - Ateliers de formation en finance digitale pour les banques

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Benin - Ateliers de formation en finance digitale pour les banques

Communiqué de presse – Pour diffusion immédiate
June 08 , 2017

Participants à l'Atelier de formation à la finance digitale des Banques du Benin

Cotonou, BENIN - 

Le Programme MM4P lancé au Bénin en 2015, par l’Agence d’investissement des Nations Unies (UNCDF), a organisé les 07 et 08 juin au Bénin Royal Hôtel, une série d’ateliers de formation pour les banques, dans le cadre de l’exécution de son plan annuel de travail pour 2017. 

L’objectif visé à travers ces ateliers est de doter les acteurs du système bancaire d’outils et de compétences pour initier et développer des produits et services en finance digitale.

Le secteur bancaire au Bénin, est dans une nouvelle dynamique avec la multiplication d’initiatives visant à développer des canaux alternatifs de distribution pour se rapprocher des clients actuels, mais surtout cibler de nouveaux clients en utilisant des outils technologiques. Ces ateliers de formation viennent à point nommé, pour permettre aux banques d’être mieux outillées pour amorcer un virage stratégique de façon efficace.

 « Les échanges de ces deux jours d’atelier nous ont prouvé le grand intérêt que portent les banques du Bénin au développement de services financiers digitaux. Les participants ont porté une grande attention aux présentations des orateurs venus de Equity Bank du Kenya et Fidelity Bank du Ghana, venus partager leurs expériences en finance digitale. » a confié Jamelino Akogbeto, Expert en Finance Digitale pour MM4P au Benin.

Cet intérêt clairement affiché par les banques ouvre donc la voie à des perspectives de collaboration.  Ces dernières ont soumis des projets qui seront évalués par MM4P, qui pourra par la suite faire un diagnostic et voir dans quelle mesure accompagner leur mise en œuvre.

Le Programme MM4P a été lancé au Bénin le 6 octobre 2015. Il vise à contribuer à l’accroissement de l’utilisation des services financiers digitaux pour atteindre plus de 12% de la population adulte du Bénin d’ici 2019.

A propos de Mobile Money for the Poor (MMP4)

Le programme Mobile Money for the Poor (MM4P) de l ‘UNCDF est actif au Bénin, au Sénégal et en Zambie en partenariat avec la MasterCard Foundation. Le programme appuie le développement de la finance digitale pour démontrer comment le bon dosage de soutien financier, technique et réglementaire permet de mettre en place un écosystème durable de banque à distance et de services mobiles qui soit à même de servir des personnes à faible revenus dans les pays les moins avancés.

A propos de l’UNCDF

L'UNCDF (United Nations Capital Development Fund) est l'agence d'investissement de l'ONU pour les 48 pays les moins avancés au monde. Elle offre aux personnes pauvres et à leurs petites entreprises de nouvelles opportunités en augmentant leur accès à la microfinance et aux capitaux d'investissement. Les programmes de l'UNCDF aident à renforcer la position des femmes et sont conçus pour favoriser de plus grands flux de capitaux pour le secteur privé, les gouvernements nationaux et les partenaires de développement, et avoir ainsi un maximum d'impact sur les objectifs du Millénaire pour le développement. Pour plus d'information, rendez-vous sur www.uncdf.org

À propos de la MasterCard Foundation

La MasterCard Foundation est une organisation internationale indépendante basée à Toronto, au Canada, gérant un actif de plus 9 milliards de dollars. En s'associant à d'autres organisations partenaires dans plus de 46 pays, elle permet de créer des opportunités d'apprentissage et de développement pour tous. Les programmes de la MasterCard Foundation favorisent l'inclusion financière et l'apprentissage chez les jeunes, principalement en Afrique. Établie en 2006 grâce à la générosité de MasterCard Worldwide lorsqu'elle s'est transformée en entreprise publique, cette fondation reste indépendante de l'entreprise. Ses politiques, opérations et décisions de financement sont déterminées par le conseil d'administration et le président-directeur général de la fondation. Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.mastercardfdn.org  ou suivez @MCFoundation

Les échanges (...) ont prouvé le grand intérêt que portent les banques du Bénin au développement de services financiers digitaux

Jamelino Akogbeto
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Bery Dieye KANDJI
Knowledge Manager Consultant MM4P Benin - Senegal
Jamelino AKOGBETO
Spécialiste en finance digitale MM4P Benin
+229 21 31 30 45/95 000 270
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Bery Dieye KANDJI
Knowledge Manager Consultant MM4P Benin - Senegal

La monnaie électronique se développe au Bénin

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La monnaie électronique se développe au Bénin

Joy Kim, analyste en inclusion financière (MIX) et Sabine Mensah, spécialiste technique en finance digitale (UNCDF)
June 29 , 2017
Cotonou, BENIN - 

Bien que la croissance des services financiers digitaux au Bénin n’ait pas été aussi rapide que chez ses voisins, la modeste base de départ du pays signifie encore plus de gains potentiels. En tant que membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Bénin pourrait beaucoup apprendre des expériences des pays membres, dont le Sénégal et la Côte d’Ivoire, où la monnaie électronique joue un rôle prépondérant dans l’accès aux services financiers. En effet, les données sur les points d’accès recueillies par MIX montrent qu’il se peut que le Bénin suive déjà les pas de la Côte d’Ivoire dans son histoire de redressement concernant la monnaie électronique.

Le Bénin est considéré comme un marché émergent en ce qui concerne les services financiers digitaux, mais cela pourrait commencer à changer. Depuis la dernière mise à jour du tableau de bord interactif pour le Bénin en 2016 (selon les données de 2015), les points d’accès à la monnaie électronique ont augmenté de 118 %. À l’exception du Couffo, qui n’a connu aucune croissance, tous les départements ont connu une augmentation de 50 % (le Mono) à 250 % (l’Atlantique). Selon nos données, l’Atlantique possède 2 000 points d’accès de plus, alors que le Littoral en a 1 900 de plus. L’Atlantique est passé de 7,93 à 24,48 points de service pour 10 000 habitants au cours de l’année dernière. Et, en ce qui concerne les canaux, le nombre de points d’accès des agents a augmenté dans tout le pays de près de 7 000, pour la même période de temps. Alors que le nombre de points d’accès d’autres prestataires de services financiers a légèrement progressé (institutions de microfinance, banques et bureaux de poste confondus ont ajouté 138 points d’accès) le développement de la monnaie électronique a vu le nombre moyen de points passer de 6,02 à 13,22 pour 10 000 personnes.

Sans surprise, donc, les opérateurs de réseaux mobiles sont le type de prestataires de services financiers le plus répandu au Bénin, en ce qui concerne les points d’accès. Ces opérateurs sont les plus présents dans tous les départements, représentant plus de 93,7 % de tous les points d’accès dans le pays, contre les 88,7 % enregistrés lors de notre mise à jour précédente. Quoi qu’il en soit, il y a toujours des possibilités d’expansion au Bénin, où seuls 17 % des adultes disposent d’un compte en banque. D’une part, les opérateurs de réseau mobile pourraient analyser les communes qui présentent un pourcentage plus élevé de ménages ayant accès à internet et un faible nombre de points d’accès aux services financiers. Ces communes, dont Ouinhi, Gogounou et d’autres, semblent occuper les premiers rangs en termes d’utilisateurs actifs de la téléphonie portable, mais avec un accès limité aux services financiers.

Comme nous l’avons mentionné l’an dernier dans notre billet intitulé « Partenariats pour le progrès : le Bénin pourrait tirer parti d’une coordination de tout le secteur financier », les opérateurs de réseaux mobiles devraient poursuivre la recherche de possibilités de collaboration avec d’autres prestataires de services financiers. Par exemple, les institutions de microfinance font un meilleur travail lorsqu’elles couvrent les communes ayant un pourcentage élevé de ménages agricoles, l’agriculture étant la principale activité économique au Bénin. De la même manière, les institutions de microfinance sont « jugées prioritaires par le gouvernement dans sa stratégie de réduction de la pauvreté » et augmentent déjà le nombre de points d’accès à la monnaie électronique, une tendance bienvenue au cours de la dernière année, et qui devrait se poursuivre.

 L’UNCDF, en partenariat avec la Fondation MasterCard, a lancé en octobre 2015 au Bénin le programme Mobile Money for the Poor (MM4P) et s’est engagé à soutenir les institutions de microfinance dans leur intention de tirer parti du numérique afin d’améliorer l’inclusion financière dans les zones rurales. MM4P a investi dans plusieurs ateliers de renforcement des capacités et dans la formation d’un réseau d’agents, pour de nombreuses institutions de microfinance au Bénin. Le programme travaille également à faciliter la première intégration Bank-to-wallet (entre un compte bancaire et un porte-monnaie électronique) entre un opérateur et une institution de microfinance dans le pays. 

En raison de son appartenance à l’UEMOA, le Bénin peut profiter de bon nombre des avantages que lui confère sa proximité avec les leaders régionaux de l'inclusion financière, et de l'approfondissement de ses relations avec ces derniers. Les parties prenantes ont clairement démontré leur volonté de revigorer l’écosystème au Bénin. En mars 2017, MM4P a organisé une retraite avec le gouvernement, qui a permis l’harmonisation de la vision des parties prenantes dans la finance digitale, et qui a encouragé la priorisation des projets pouvant favoriser les services financiers digitaux au Bénin.

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Monnaie électronique et inclusion financière digitale au Sénégal

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Monnaie électronique et inclusion financière digitale au Sénégal

Joy Kim, analyste en inclusion financière (MIX) et Sabine Mensah, spécialiste technique en finance digitale (UNCDF)
June 29 , 2017
Dakar, SÉNÉGAL - 

L’an dernier, dans un billet du blog intitulé 10,000 Data points : New Senegal Workbook Explores Access at the Commune Level (10 000 points de données : Le nouveau dossier de consultation sur le Sénégal examine l’accès au niveau des communes), nous avons exploré le statut de l’inclusion financière dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Grâce à cette analyse de la distribution des points d’accès, nous avons fait quelques découvertes clés, notamment la croissance importante des points d’accès à la monnaie électronique et les progrès impressionnants réalisés par le Sénégal en termes d’inclusion financière depuis la signature de la Déclaration de Maya en 2012. Suite à la récente publication de la mise à jour du tableau de bord interactif pour le Sénégal, il semble que le moment est opportun de revenir sur la situation de l’accès aux services financiers dans le pays et d’examiner ce qui s’est passé durant l’année écoulée.

Le rôle central des services financiers digitaux au Sénégal continue à se préciser à mesure que le marché évolue. D’une part, Ecobank a lancé une application de services bancaires mobiles pour les clients, ainsi que des codes Masterpass QR pour les paiements chez les commerçants. D’autre part, Wari, opérateur de transfert classique d’argent et de paiement de factures, a annoncé l’acquisition de SENTEL GSM (Tigo), la deuxième société de télécommunications du pays. Et la Société Générale envisage de lancer bientôt un service de monnaie électronique. Même pour les opérateurs établis, la croissance se poursuit ; Orange a enregistré récemment son dix-millionième client sur sa plateforme de paiement mobile, Orange Money. Enfin, il est évident que la monnaie électronique est un outil indispensable pour de nombreux Sénégalais, et qu’elle est même devenue l’une des méthodes privilégiées lors de l’achat de moutons pour la fête musulmane de l’Aïd al-Adha.

Compte tenu de ces développements, il n’est pas surprenant que la monnaie électronique reste la force motrice de l’inclusion financière au Sénégal. L’an dernier, la moyenne des points d’accès pour 10 000 habitants était de 3,8 ; cette année, ce chiffre est passé à 5,2 (voir graphiques ci-dessous). Les données que nous avons recueillies nous montrent que plus de 81 % des points d’accès financiers appartiennent aux opérateurs de téléphonie mobile ; de plus, les points d’accès à la monnaie électronique ont augmenté de 37 % l’an dernier. Toutes les régions du Sénégal ont connu une croissance en termes de monnaie électronique, ce qui indique que les opérateurs de téléphonie mobile ont un énorme impact dans tout le pays. En ce qui concerne le nombre de nouveaux points d’accès, les trois régions les plus peuplées ont connu la plus forte croissance, avec Dakar qui ajouté plus de 1 100 nouveaux points d’accès liés à la monnaie électronique seulement.

Cependant, la monnaie électronique peut encore étendre sa portée. Dans quelques régions (Fatick, Kaffrine, Louga, Thiès et Diourbel), les gens sont davantage payés en argent comptant que dans le reste du pays (voir tableau ci-dessous). Si les opérateurs de réseau mobile peuvent encourager la digitalisation des salaires, ils pourront également augmenter le nombre de points d’accès dans ces zones, tout en offrant une sécurité accrue aux particuliers et des revenus plus élevés aux agents. Par ailleurs, tout comme nous l’avions constaté l’an dernier, il reste des populations non bancarisées en milieu urbain. Lors de notre exploration au niveau de la commune de Dakar, par exemple, nous avons pu constater que de nombreux quartiers de la ville sollicitent, sans réponse, des points d’accès aux services financiers.

Pour le reste de l’écosystème des services financiers au Sénégal, les points d’accès financiers offerts par d’autres types de prestataires de services financiers ont diminué de 3 % l’an dernier, même si ces institutions fournissent toujours des produits et services de qualité à diverses populations dans tout le pays. Notre analyse a révélé que les institutions de microfinance du Sénégal ont une présence plus importante dans les zones à taux de pauvreté élevé, par rapport aux banques commerciales, peut-être en raison de produits adaptés aux besoins de ces populations. La combinaison appropriée de services financiers devrait être un facteur important pour les opérateurs qui cherchent à se développer dans le pays. Et à cette fin, des partenariats entre opérateurs et institutions de microfinance sont nécessaires, afin de déployer la deuxième génération de produits des services financiers digitaux, tels que le prêt, l’épargne et l’assurance numériques, dans les zones non bancarisées du Sénégal.

Le programme Mobile Money for the Poor (MM4P) de l’UNCDF, lancé au Sénégal en avril 2015, en partenariat avec The MasterCard Foundation, appuie la construction d’un écosystème solide de services financiers numériques qui atteigne les personnes à faible revenu dans les pays les moins développés.

MM4P s’engage à améliorer les points d’accès financiers au Sénégal, et en particulier dans les zones rurales. Grâce à une analyse profonde du tableau de bord interactif pour le Sénégal, les 10 départements suivants ont été retenus pour une aide à l’expansion du réseau d’agents, en fonction des lacunes identifiées au niveau des points de services financiers et des possibilités économiques pour des réseaux viables d’agents : Nioro, Podor, Fatick, Bambey, Foundiougne, Vélingara, Linguère, Kanel, Kaffrine et Guinguinéo. Pour 2017, MM4P appuiera la mise en place d’un agrégateur, afin d’augmenter le nombre actif de réseaux d’agents de monnaie électronique dans les zones ciblées.

Avec environ 15 % des adultes ayant actuellement accès à un compte, le pays a encore un long chemin à parcourir pour arriver à une inclusion financière totale. Il est probable, compte tenu de ce que nous avons vu, que les services financiers digitaux continuent de voir le nombre de points d’accès augmenter. Il est donc important que le Sénégal poursuive ses efforts pour donner à ses populations non bancarisées et exclues l'accès à des services financiers appropriés.

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Un clic et s’en va

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Digitalisation de la procédure de collecte de l’épargne chez CAURIE-MF au Sénégal
June 16 , 2017

Images: Agents de collecte chez la BV de Louga

Louga, SENEGAL - 

Dans les locaux de La Coopérative Autonome pour le Renforcement des Initiatives Économiques par la Microfinance (CAURIE-MF) les agents de collecte se préparent pour les Bancs Villageois (BV). Le BV est une réunion de 30 à 100 femmes issues de groupements communautaires de base suite à une auto sélection et qui bénéficient de produits de microcrédits et d’épargne reposant fondamentalement sur la gestion participative et sur la caution solidaire à travers les mécanismes de groupes de solidarité.

La préparation de ce matin est exceptionnelle car elle dure à peine 10mn.  Les agents, munis de tablettes se connectent au serveur de l’institution pour extraire et sauvegarder les données dont ils ont besoin pour la collecte du jour, de manière à pouvoir y accéder sans connexion Internet. Nous sommes loin des jours où il fallait venir la veille, s’installer dans la salle des archives pour trouver le dossier du groupement à visiter, rechercher le dernier rapport de réunion et imprimer des pages et des pages à remplir sur place.

Le programme UNCDF MM4P accompagne l’institution dans son projet de finance digitale par l’acquisition de quarante tablettes, le développement d’une application mobile adaptée et un soutien technique pour son implémentation. Sur le terrain, le parcours des agents de collecte est simplifié et les bancs villageois prennent une autre tournure. Au village de Beyti Rip, à une quinzaine de kilomètres de Louga, nous avons pu assister en temps réel à l’impact de l’utilisation de la tablette sur le travail des agents.

Sous l’arbre à palabre, environ 33 femmes sont rassemblées sur des nattes, livret à la main. Face à elles siègent leurs représentantes, à côté des agents de CAURIE-MF. La séance est ouverte par l’amendement du rapport du précèdent BV, la mise à jour d’informations administratives, puis les femmes passent tour à tour pour rembourser leurs crédits d’abord et alimenter leur épargne. Deux agents sont mis en situation, l’un utilisant la méthode traditionnelle du remplissage à la main et l’autre la tablette. La tablette permet d’enregistrer une transaction en quatre secondes contre cinquante pour le remplissage à la main. Le gain de temps ainsi enregistré est considérable et a des répercussions positives sur tout le processus. Chantal Tine, agent de collecte nous confie : 

Grâce à la tablette, je vais au banc villageois sans stress. Je prépare mes réunions le jour même. Sur place, je ne fais que cliquer. Je ne calcule plus, la tablette le fait automatiquement et je ne passe plus des heures à remplir des fiches, avec des risques de me tromper, de faire des ratures et devoir tout recopier. Et mieux une fois que j’ai fini mon BV, je rentre à la maison. Plus besoin de retourner au bureau pour vérifier et faire saisir mes données

CAURIE-MF s’est fixée pour objectif de contribuer durablement à la promotion économique et sociale des micro-entrepreneurs pauvres, principalement les femmes, en leur offrant des produits et services financiers appropriés. Digitaliser la collecte des BV est un premier pas dans l’atteinte de cet objectif. En effet, l’utilisation de la tablette permet de réduire considérablement la mobilisation des ressources humaines et logistiques, ainsi que les charges d’exploitation, tout en augmentant l’efficacité opérationnelle. L’institution peut ainsi mieux servir ses clients tout en leur permettant de gagner du temps. Le Directeur de CAURIE-MF Mamadou Gueye nous a expliqué :

Depuis 2013, nous parlons de digitalisation chez CAURIE. Nous nous sommes très vite rendus compte que c’était une étape obligatoire pour la pérennité de notre institution. Notre première tentative n’a pas abouti. Mais pour ce pilote avec MM4P, les résultats sont au-delà de nos espérances. Nous voyons nettement la différence que peut apporter l’utilisation de tablettes aussi bien sur la sécurisation des données, que sur l’économie de papier, d’encre, de temps et l’allégement du travail des agents de collecte qui peuvent enfin consacrer plus de temps à l’éducation financière de leur BV. Et surtout nos procédures de clôture comptable sont beaucoup plus rapides. Ces tablettes constituent un véritable atout pour l’amélioration de notre rentabilité.

Le projet est en phase pilote jusqu’en septembre 2017, le temps de mieux adapter l’application aux besoins des agents. L’enjeu est de passer au tout numérique à partir de cette période pour mieux mesurer l’efficacité de la tablette. En attendant, les agents, pressés de jeter le papier aux oubliettes, prennent leur mal en patience.  

Au-delà de ce projet, CAURIE-MF entrevoit d’autres perspectives sur la route de la finance digitale. On parle déjà des projets de sms banking pour informer les clients et de partenariat avec les opérateurs de téléphonie mobile pour intégrer leur plateforme de paiement et permettre aux clients de rembourser leur crédit à distance. « Nous sommes résolument engagés dans le digital, car si on ne suit pas le mouvement, nous serons laissés en rade en cette ère du tout numérique. Avec des partenaires comme MM4P, nous sommes confiants » a conclu M. Gueye. 

Par Sabine Mensah et Bery Kandji, UNCDF MM4P au Sénegal

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Pour aller plus loin dans le parcours digital

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Pour aller plus loin dans le parcours digital

June 01 , 2017

Images 1-3: Photos de l'atelier

Dakar, SÉNÉGAL - 

La zone UEMOA dispose d’un cadre réglementaire qui permet  aux institutions de microfinance (IMF) mais également aux acteurs non bancaires comme opérateurs de téléphonie mobile (OTM), spécialistes des transferts d’argent, etc., de fournir des services financiers décentralisés aux individus et aux entreprises. La BCEAO, autorité de régulation, favorable à l’introduction de nouveaux moyens de paiement scripturaux et électroniques, a inscrit dans ses priorités  l’augmentation du taux de bancarisation et la protection des utilisateurs de la finance digitale.

Un des objectifs du programme MM4P est d’appuyer le  développement de l'écosystème de la banque à distance dans les pays où il est installé. En Afrique de l’Ouest, le programme aide à mettre en place les conditions règlementaires qui permettent à un grand nombre d’acteurs d’offrir des services appropriés dans les zones les plus reculées. Cela dans l’objectif de mieux couvrir leurs besoins tout en améliorant la sécurité de leurs opérations.

Afin de permettre aux IMF d’avoir une meilleure compréhension de la marche à suivre pour se lancer dans le déploiement de solutions de finance digitale et des options possibles dans le cadre réglementaire en vigueur, MM4P a organisé, en partenariat avec CGAP, IFC et Helix Institute, un atelier régional le 08 mai 2017 au Radisson Blu à Dakar. L’atelier a réuni des IMF  de sept pays de la zone UEMOA : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali , Niger, Togo, Sénégal, déjà engagées dans la finance digitale ou souhaitant s’y engager ainsi que des représentants des régulateurs.

Les participants ont eu l’occasion d’échanger sur le  contenu du guide élaboré par  CGAP, « La Banque à Distance et la Finance Numérique pour les Services Financiers Décentralisés de la Zone UEMOA ». Un document capitalisant la démarche de l’étude de faisabilité menée en faveur du Réseau des Caisses Populaires du Burkina Faso (RCPB) lors de l’introduction d’une solution financière digitale dans ses opérations.

Les échanges se sont approfondies lors des deux panels de discussion qui ont suivi cette présentation. Le premier, animé par IFC, a porté sur les facteurs déterminants du choix des options de finance numérique actuellement expérimentées par certaines institutions représentées. Que ce soit l’option réseau d’agents, comme dans le  cas de Microcred au Sénégal , ou l’option mobile banking adoptée par Advans en Côte d’ivoire, en partenariat avec un OTM, les échanges ont révelé que les clients ont rapidement adopté le produit proposé par les IMF. L’une des contraintes cependant notée reste la définition d’un bon business model.

Le deuxième panel animé par MM4P a permis d’aborder des sujets tels que la signature électronique, la souscription digitale aux services ou encore le plafonnement des taux d’intérêt, des questions incontournables pour les institutions qui entreprennent  une démarche digitale.

Au Sénégal la signature électronique est acceptée de façon réglementaire par tous les acteurs et des travaux sont menés par l’Agence de l’informatique de l’Etat (ADIE) pour son acceptance. Et la BCEAO est assez engagée pour l’expansion des services financiers digitaux. Néanmoins, les participants ont soulignés certains points qui pouvaient constituer un frein à leur engagement dans le processus de digitalisation. A ce titre, la nécessité d’ouvrir le canal USSD à tous les acteurs a été évoquée, mais aussi l’importance de la coopération entres les régulateurs pour assurer un certain équilbre entre les acteurs des télécommunications et les acteurs financiers.  Les services de crédit et épargne digitaux ont également été débattus, notamment les aspects liés à une tarification appropriée de ces services qui ne peuvent emerger qu’à travers des partenariats multipartites entre les institutions financieres, les OTM, les  Emetteurs de Monnaie Electronique et des fintechs spécialisés dans le scoring du risque crédit. Le contexte de la zone UEMOA ,avec un taux plafonné à 24 pourcent par an pour les SFD et 15% par an pour les banques, limite la rentabilité du modèle économique de projets de nano crédit et épargne digitaux. Néamoins, de bonnes perspectives se dessinent avec l’engagement de la BCEAO à promouvoir les innovations financières dans la stratégie régionale d’inclusion financière en cours de mise en œuvre.  

Pour donner un aperçu plus concret des défis à relever et de l’impact des services financiers décentralisés, les participants ont bénéficié de l’expérience de la Commercial Bank of Africa (CBA) du Kenya qui a lancé respectivement des produits d’épargne et de crédit digital M-Shwari au Kenya, M-Pawa en Tanzanie et MoKash en Ouganda, avec succès.  Monsieur Andrew Mwithiga, Chargé de Produits à CBA a présenté, par vidéoconférence, les trois produits qui offrent des services d’épargne et/ou de crédit et le contexte réglementaire dans lequel ils ont été déployés.  M Mwithiga est largement revenu sur les différentes étapes du processus de création des produits ainsi que les différentes difficultés rencontrées. Des produits qui ont connu un franc succès permettant ainsi à CBA de passer de sixième à première banque du Kenya en termes de portefeuille clients.    

Le pari de cet atelier était de créer une dynamique au sein de l’écosystème financier de la zone UEMOA, où les régulateurs portent les initiatives menées par les acteurs du secteur privé, avec l’assistance technique de MM4P. MM4P a d’ailleurs partagé avec l’audience son projet d’appel à candidature pour la sélection de parternaires financiers et mobile pour soutenir l’émergence d’offre de crédit et d’épargne digital adapté aux besoins des clients au Sénégal.

Pari relevé !  A l’issue de cette journée d’échanges,  les participants sont repartis avec une nette vision des défis qui les attendent sur la route de la finance digitale et des perspectives qui leurs sont offertes.

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Bery Kandji
KM Consultant au Sénégal
Sabine Mensah
Spécialiste Technique Régional, Finance Digitale
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Bery Kandji
KM Consultant au Sénégal

Conducteurs de moto-taxis, et fiers de l’être

Inclusion Financière

Conducteurs de moto-taxis, et fiers de l’être

Améliorer les paiements digitaux au Bénin
May 29 , 2017

Zemidjans / Bénin

Cotonou, BÉNIN - 

Nous savons tous que l’objectif ultime de l’inclusion financière est d’amener les gens à adopter de nouveaux comportements financiers qui, selon nous, les aideront à avancer. Beaucoup d’efforts ont été faits dans ce sens pour développer les infrastructures, mais force est de constater que la réponse du marché tarde à se faire entendre. Les partenaires s’efforcent sans cesse d’accélérer les changements et nous pouvons déjà noter une certaine consolidation dans des pays où les services financiers digitaux émergent.

Alors, comment accélérer ce processus ? Pour que le changement ait un sens pour eux, les gens doivent y être impliqués pleinement. L’objectif n’est plus d’apporter un argument clé de vente pour provoquer l’achat mais de favoriser l’action collaborative.

Il y a six mois, un partenariat entre MM4P, Innate Motion et PHB Development a introduit une approche centrée sur la personne au Bénin. L’ambition était claire : sensibiliser davantage les conducteurs de motos-taxis, communément appelés Zemidjans, à l’existence et à l’utilisation des services financiers digitaux.  

Pour y parvenir, un changement de tactique s’imposait : et si nous considérions les gens non pas comme des cibles, mais comme des personnes prêtes à collaborer ? Nous y sommes parvenus en appliquant trois principes clés :

  1. Valoriser l’identité et les aspirations pour créer un nouveau type de relation

Au départ, les conducteurs de motos-taxis avaient une très mauvaise réputation : ils véhiculaient l’image de gens sans instruction, vêtus de leur chemise jaune caractéristique, bloqués tout en bas de l’échelle sociale. Le problème était donc le suivant : comment susciter l’envie de s’impliquer en l’absence de considération ?

Nous avons décidé de plonger l’équipe en immersion dans le quotidien des conducteurs de motos-taxis. Des discussions en tête-à-tête, où nous n’avons pas parlé d’argent mais de l’intimité des conducteurs de motos-taxis, nous ont permises de nous identifier à eux, de comprendre leur réalité, leurs aspirations et leurs craintes.

Le résultat a été stupéfiant. L’équipe a été surprise par le niveau d’engagement des conducteurs et par leur investissement dans leur travail. En effet, ils considèrent tous leur métier comme une activité temporaire qui leur permettra d’entreprendre de meilleurs projets. Il aurait été plus facile pour eux de devenir voleurs pour obtenir ce dont ils avaient besoin pour se lancer, et c’est une voie que certains ont envisagée. Mais cette option n’était pas sérieuse pour eux, car allant à l’encontre de leur grand sens de la dignité et de la responsabilité sociale.

Une dignité qui est souvent mise à l’épreuve quand personne ne reconnaît les sacrifices qu’ils font et les risques auxquels ils s’exposent sur des routes chaotiques pour assurer le transport d’une partie de la population. L’exemple le plus frappant du manque de considération dont ils sont victimes au sein de la société est l’interdiction qui leur est faite de pénétrer dans les halls d’entrée des hôtels avec leur chemise jaune.

Au fil des discussions, aux yeux des membres de l’équipe d’opérateurs de téléphonie mobile, ils n’étaient plus simplement des conducteurs de motos habillés de jaune, mais bien des entrepreneurs déterminés, dotés de valeurs fortes et en manque de reconnaissance.

Imaginez la transformation qui s’est opérée lorsque l’équipe a commencé à s’adresser à eux comme à des entrepreneurs sérieux, et non pas comme à des conducteurs situés tout au bas de l’échelle sociale. Ce nouveau type de relation a renforcé leur volonté de réussir, car ils se sont sentis reconnus pour ce qu’ils sont vraiment. Une expérience qui a littéralement inspiré l’équipe dans sa façon de penser, plus particulièrement parce qu’ils ont commencé à regarder la façon de résoudre le problème initial sous un jour nouveau.

  1. Redéfinir le rôle des services financiers digitaux

Galvanisés par ce nouvel état d’esprit, nous avons pu redéfinir non seulement le rôle des services financiers digitaux mais aussi celui des conducteurs de motos-taxis. Notre objectif est d’aider les gens à concrétiser leurs aspirations grâce à leur ardeur au travail et à leur esprit d’entreprise. Les services financiers digitaux ne doivent pas être considérés comme un simple outil transactionnel, mais comme un tremplin pour atteindre des objectifs personnels.

Dans ce pays, les gens veulent entrer dans la fonction publique pour jouir d’une vie paisible, faite de stabilité, et où ils sont reconnus. L’esprit d’entreprise n’est pas encouragé, ce qui constitue un obstacle considérable à l’évolution de la société.

En valorisant l’esprit d’entreprise et en créant des outils pour favoriser la réussite, nous pouvons prendre une position forte au sein du débat culturel.

Les conducteurs de motos-taxis, qui sont en contact quotidien avec la population, pourraient donc contribuer à faire changer les mentalités et montrer qu’une amélioration est possible en utilisant des services financiers digitaux appropriés. En adoptant le bon état d'esprit, il est possible de développer de nouveaux services plus appropriés pour économiser, emprunter et effectuer des transactions, tout en améliorant l'efficacité de l'écosystème dans son ensemble. C'est cette conviction qui nous a amenés à rechercher de nouveaux types de partenariats potentiels.

  1. Libérer les capacités de l’équipe grâce à l’empathie

Si la connaissance est le moteur de la pensée, l’empathie est celui de l’action. Et une approche centrée sur la personne est essentielle pour appréhender les réalités du terrain, qu’on ne peut connaître en restant enfermé dans le confort d’un bureau.

L’équipe n’aurait pas pu créer un nouveau type de relation si elle n’était pas allée au contact des personnes au service desquelles elle travaille. Nous avons créé quatre occasions différentes de rencontrer les conducteurs de motos-taxis au cours de ce projet, soit à leur domicile, soit dans le cadre d’une séance de co-création en dehors du bureau. C’est ce qui fait toute la différence, car nous sommes parvenus à partager une même vision avec les gens que nous voulons aider.

Parti d’un objectif de pénétration, le projet a évolué pour finalement impliquer davantage d'acteurs dans l'écosystème des services financiers digitaux et la co-création.

Il est essentiel de comprendre ses clients avant de concevoir des solutions qu’ils adopteront ensuite plus aisément. Lors de notre immersion dans la vie des Zemidjans du Bénin, nous avons pu dresser un portrait approfondi des conducteurs de motos-taxis, qui a ouvert la voie à de nombreuses opportunités à la fois en termes de produits et de canaux de communication.

Le succès de cette expérience établira les vertus transformatrices d’une approche centrée sur la personne dans la conception des produits. Affaire à suivre…

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Sabine Mensah – Spécialiste Technique MM4P Bénin, UNCDF

Arnaud Tasiaux –  Business Humanizer, Innate Motion

Innate Motion est un cabinet de consultants qui libère la croissance par la transformation des comportements, l’ingénierie culturelle, une approche centrée sur la personne, et la communication au service du développement. Pour obtenir plus d’informations, rendez-vous sur www.in8motion.com.

 

Si la connaissance est le moteur de la pensée, l’empathie est celui de l’action.

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Bery Kandji
KM Consultant au Bénin
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