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Les institutions de microfinance et la finance digitale au Bénin

Les institutions de microfinance et la finance digitale au Bénin

Sabine Mensah, Jamelino Akogbeto, Hermann Messan
April 22 , 2016
Cotonou, BENIN - 

L’inclusion financière est un défi de développement en Afrique. A cet effet, plusieurs initiatives sont menées par différents acteurs dont l’agence d’investissement des Nations Unies (UNCDF). Ces initiatives visent à faciliter l’inclusion des plus pauvres dans les systèmes financiers. Au cœur de ces initiatives, se positionne la finance digitale dont l’expansion est l’ambition du Programme Mobile Money for the Poor (MM4P) dans des pays comme le Bénin. Dans le cadre de ses activités, MM4P a organisé les 20 et 21 Janvier 2016 à Cotonou un atelier portant sur le thème « Les Institutions de Microfinance et la Finance Digitale». L’atelier visait à présenter aux institutions de microfinance (IMF), les enjeux et les opportunités ainsi que les bonnes pratiques de mise en œuvre de ses initiatives relatives à la finance digitale.

Si les IMF s’interrogeaient encore récemment sur l’opportunité de la mise en œuvre d’un projet de finance digitale, le contexte a complètement changé au Bénin. En effet, l’atelier a montré qu’unanimement les IMF béninoises perçoivent la finance digitale comme une solution incontournable qui leur permettrait de réaliser des objectifs essentiels tels que : l’augmentation de portefeuille clients, notamment dans les zones rurales et reculées, la réduction de coûts opérationnels, l’accroissement de dépôts stables pour minimiser le coût de refinancement, etc.

La mise en œuvre d’une stratégie de finance digitale requiert l’utilisation de solutions technologiques et de réseaux d’agents, créneaux sur lesquels les opérateurs de téléphonie mobile (OTM) ont une forte emprise. La mise en place d’un partenariat gagnant-gagnant OTM/IMF est aujourd’hui considérée comme une opportunité de développement de la finance digitale au Bénin. Toutefois, ce partenariat présente quelques défis.

Du côté des OTM, il s’agit de faire tomber les « a priori » d’une concurrence perçue par les IMF, en rassurant celles-ci sur la complémentarité des rôles et les bénéfices mutuels d’un partenariat. En outre, il faudrait que les OTM comprennent davantage les problématiques des IMF et développent dans une approche de co-création, avec elles, des services et concepts ajustés à leurs besoins. Enfin, compte tenu des défis liés à la mise en place d’outils technologiques au sein des systèmes financiers décentralisés (ou des IMF), les OTM doivent les accompagner tout au long du processus en faisant un diagnostic pertinent de leur environnement technologique et proposer des solutions simples, adaptées et sécurisées.

Du point de vue des IMF, il importe de comprendre que la mise en œuvre de la finance digitale peut emprunter au moins cinq modalités qui sont autorisées dans le cadre règlementaire actuel. Seule une de ses modalités présente des contraintes règlementaires majeures par l’acquisition de licences pour l’émission de monnaie électronique. Dans tous les cas de figure, l’implémentation de la finance digitale nécessite des partenariats avec les OTM et chaque IMF doit analyser ses forces et faiblesses actuelles et définir la stratégie la plus pertinente pour réaliser ses ambitions. La mise en œuvre de projets de finance digitale requiert pour la plupart un renforcement des systèmes d’information et de gestion (SIG), l’amélioration des capacités organisationnelles et l’acquisition de nouvelles compétences par exemple le métier de gestion de réseau d’agents. Dans le cadre du programme MicroLead au Bénin, quelques IMF partenaires du programme sont engagées dans la réalisation du projet de finance digitale et expérimentent déjà des changements institutionnels positifs.

La généralisation de la finance digitale sera d’un grand bénéfice pour les clients en augmentant la valeur perçue des services financiers proposés, tout en améliorant les performances des IMF et la rentabilité des OTM. L’objectif triple de performance financière, de performance sociale et d’impact environnemental justifie le fort engagement de l’UNCDF et du système des Nations Unies dans ce secteur. Les partenariats et les synergies restent les mots clés et l’ensemble des acteurs de l’écosystème au niveau micro, méso et macro en sont convaincus et résolus à travailler pour améliorer le dialogue et créer les conditions favorables à cette révolution au niveau du pays.

L’ambition du programme MM4P au Bénin est de permettre la vulgarisation de l’utilisation des services financiers digitaux, tout particulièrement dans les zones rurales et, notamment, parmi les populations à faibles revenus. L’objectif du programme est d’atteindre 12% d’utilisateurs actifs à l’horizon 2019. Cette vulgarisation ne pourra se faire que si les nouveaux services sont non seulement disponibles et accessibles, mais aussi fiables, abordables, et adaptés aux besoins des clients. Les IMF, dont le dynamisme et la proximité avec les clients des zones rurales et des populations défavorisées ne sont plus à démontrer, ont une place de choix dans le développement de la finance digitale au Bénin. Les programmes MM4P et MicroLead comptent bien les y accompagner.

Pour plus d’information sur les IMF et la finance digitale au Bénin, vous pouvez consulter ce rapport d’étude de marché Bénin- Etude de marché - Demande, offre et écosystème

L’ambition du programme MM4P au Bénin est de permettre la vulgarisation de l’utilisation des services financiers digitaux, tout particulièrement dans les zones rurales et, notamment, parmi les populations à faibles revenus.

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Sabine Mensah
Technical Specialist Digital Finance
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